30/12/2005

E comme… Enfants

"Donne-moi le bidon !", "Donne-moi le bic !", "Donne-moi le bonbon !", "Donne-moi le cadeau !", … Certains touristes ne retiendront que ça des enfants maliens. Et pourtant […]

 

Ma première impression fut de la tristesse, un sentiment d’impuissance face à la misère de ces gamins qui courent pieds nus dans la poussière et les cailloux, vêtus d’une loque dont la ménagère occidentale [moi en premier !] ne voudrait même pas pour nettoyer.



 

Ma seconde impression fut toute autre. Leur sincérité… Leur sourire… Un sourire généreux. Un rire franc. Un regard lumineux, pétillant et intense qui fait réfléchir. La fierté avec laquelle ils vous tendent leur adresse griffonnée sur un bout de papier, l’enthousiasme avec lequel ils pointent du doigt leur école, la spontanéité avec laquelle ils vous énoncent leur prénom.

 




 

Oh, je sais que la plupart attendent quelque chose en retour, je sais qu’il serait naïf de penser qu’ils s’intéressent à vous uniquement par altruisme. Mais ne pouvons-nous pas en dire autant de nos enfants européens, passés maîtres dans l'art de la séduction/manipulation dans un seul but : recevoir ; recevoir toujours plus.

 

Et puis, n’est-ce pas un peu notre faute si ces enfants réclament ? "Donne-moi le bidon !", "Donne-moi le bic !", "Donne-moi le bonbon !", "Donne-moi le cadeau !", … Qui a créé le besoin ? A qui faisons-nous réellement plaisir en lançant des poignées de bonbons comme on lancerait du maïs aux animaux ? Des bonbons lancés bien loin… pour ne prendre aucun risque… et histoire de faire quelques jolis clichés au passage.

 

Au Mali, j’y suis allée sans rien ou presque. Pas par choix, ni conviction, mais par un [heureux] hasard qui fit que ma valise fut égarée à mon arrivée à Bamako. Je n’avais donc rien à donner et, pourtant, les enfants sont venus vers moi, m’ont souri, m’ont pris la main. Juste comme ça, par amusement, par curiosité, par attrait de la différence. Je lançais alors à la cantonade, en guise de salutations : "J’ai pas de bidon !", "J’ai pas de bic !", "J’ai pas de bonbon !", "J’ai pas de cadeau !". Certains partaient alors vers des horizons plus fastes… d’autres restaient malgré tout et nous nous promenions, comme ça. Juste comme ça […]





10:47 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

29/12/2005

D comme… Djenné

Djenné, ville entièrement construite en banco [terre et paille hachée additionnées de beurre de karité] et surnommée "le joyau de la vallée du Niger". Un joyau qui, pour la petite histoire, vient juste d’être électrifié et muni d’eau courante !

 

Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988, Djenné est célèbre pour sa mosquée aux cent piliers… la plus grande structure en terre du monde [reconstruite en 1906].

 

Mais Djenné, c’est également "La Mecque" du Mali ! LE lieu saint par excellence. Il n’est donc pas étonnant d’y croiser des groupes d’enfants occupés à mémoriser les versets du Coran à l’aide de tablettes en bois. La ville compte en effet une quarantaine d’écoles coraniques réputées à travers tout le pays.

 

Djenné est d’autant plus étonnant pour nous, Occidentaux, que cette ville semble tout droit… sortie de terre. Un décor en carton-pâte qui est pourtant bel et bien réel. La grande mosquée par exemple peut accueillir jusqu’à 50.000 fidèles !

 

Et puis, il y a tout le reste… Le campement-hôtel de Djenné [qui n’a d’hôtel que le nom] ; les coupures d’électricité ; les déménagements à la bougie ; les relents nauséabonds; les moustiquaires poussiéreux ; la fabrique de bogolans et son imposante Présidente ; les murs branlants qu’il est interdit de toucher sous peine d’amende [10.000 euros !] ; le marché des femmes, grouillant, coloré, odorant et bruyant ; le lait de chèvre offert aux enfants ; … et puis, partout, dans ce dédale de ruelles moyenâgeuses, Salif Keita qui chante "Tu vas me manquer mon amour" […]







15:23 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

C comme… Ca va ?

« Ca va ?

Ca va bien, merci… Et vous, ça va ?

Ca va, merci.

Et la famille, ça va ?

Ca va bien, merci.

Et la santé, ça va ?

Ca va bien, merci… Et vous, la santé, ça va ? »

 

Attendez vous à répéter ce rituel à longueur de journée. En effet, les Maliens aiment se saluer. Hommes, femmes, enfants, vieillards, … tous vous demanderont inlassablement, où que vous vous trouviez : "Ca va ?", agrémenté le plus souvent d’une franche poignée de main et d’un sourire jovial.

 

Etonnés dans un premier temps, vous prendrez vite goût à ce cérémonial et vous surprendrez même à lancer spontanément, au plus parfait des inconnus, un "Ca va ?" chantant et cordial [avec insistance sur le "a" du "va", à la manière des Maliens].

 

Autant vous le dire tout de suite, au retour, c’est le contre coup assuré ! Il vous faudra en effet un bon moment pour vous réacclimater à l’indifférence générale…

 

Mais au fait, et vous, ça va ?



09:36 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

28/12/2005

B comme… Bogolan

Arrêt obligé à Bamako : le Musée national du Mali, 2ème plus grand musée du continent après celui d’Afrique du Sud.

 

Vous y découvrirez de nombreuses pièces intéressantes parmi lesquelles une très belle collection de bogolans.

 

Le bogolan [littéralement "l’empreinte de la terre" en langue Bambara] est le nom donné au tissu traditionnel, devenu symbole de l’identité malienne. Il s’agit d’une étoffe tissée à la main, teintée par un mélange de décoctions de plantes et d’une terre riche en oxyde de fer. D’où les tons blanc, noir, ocre et marron.

 

Initialement utilisé pour la confection des vêtements, le bogolan peut aussi être conservé tel quel, sans découpe, et servir à la décoration.

 

Le prix moyen d’un bogolan [1 mètre 50 sur 2 mètres 50] varie, pour les touristes que nous sommes, entre 10.000 et 20.000 francs CFA. Prix après négociations !

 

On trouve également au Mali des "indigos", étoffes tissées à la main de couleur bleue, avec ou sans motifs.

 

La teinture est différente de celle utilisée pour les bogolans. L’indigo, dont les Touaregs se servent pour teindre leurs vêtements, est tiré de l’indigotier. Très joli au teint mais déconseillé à nous les "toubabs" dont la peau claire s’agrémente assez mal de la décoloration bleutée de la teinture indigo ;)


11:58 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

23/12/2005

A comme… Arrivée

Que faut-il pour entrer au Mali ? Un passeport en cours de validité [valable six mois après la date du retour], un visa délivré par le Consulat du Mali dans le pays de résidence [30 euros environ] et un certificat international de vaccination contre la fièvre jaune.

 

Un traitement anti-paludéen préventif est également conseillé [Nivaquine, Lariam, Malarone, …], surtout si vous séjournez aux abords du fleuve.

 

Si c’est votre premier séjour en Afrique, n’oubliez pas de prévoir dans votre budget les frais de vaccination, entre 100 et 150 euros.

 

A quoi vous ajouterez les sempiternels coûts "Imodium, Motilium et autres Ercéfuryl"… une valeur sûre !

 

La monnaie locale est le franc CFA [100 CFA = 0,15 euros]. N’espérez pas retirer de l’argent sur place, si ce n’est à l’unique distributeur automatique de Bamako ! L’idéal est d’emporter des euros et de les changer en francs CFA au début de votre voyage. Des euros en suffisance si, comme moi, vous êtes fan de l’artisanat malien ;)

 

Généralement, l’arrivée se fait via la capitale, Bamako, littéralement "le marais aux caïmans" [également possibilité d’atterrir à Mopti ou Gao].

 

Mais déjà dans l’avion, pour peu que vous choisissiez un vol charter affrété par Point Afrique, c’est le Mali tout entier qui s’offre à vous : cacophonie, boubous, tissus chamarrés, palabres, marmaille, …

 

Si votre voisin est malien, il y a beaucoup de chance pour qu’il vous adresse gentiment la parole dans un délai de 3 minutes après le décollage. Par curiosité mais également histoire de bavarder un peu, loisir préféré des Maliens. Profitez-en pour le questionner sur son pays. Il vous répondra généralement avec plaisir… à grand renfort de sourires généreux et d’anecdotes savoureuses.

 

Une fois arrivé, c’est le dépaysement garanti. A moins de six heures de vol de Paris, vous vous retrouvez nez à nez avec Bamako. Bamako la turbulente… Bamako la colorée.

 

Personnellement, j’y ai retrouvé le capharnaüm de Delhi, son brouhaha, son effervescence, ses contrastes. Les étoffes élégantes des femmes maliennes côtoient les gaz d’échappement, les routes en terre rouge, la poussière, le bétail. Comme en Inde, aucun sens n’est épargné.

 

A comme… Arrivée. Bienvenue à Bamako, "la plus authentique des capitales africaines" !


10:46 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |