09/01/2006

J comme… Jovial

"Que pourrait nous apporter l’Afrique ?" a-t-on un jour demandé à Amadou Hampâté Bâ. Celui-ci répondit : "Le rire que vous avez perdu" […]

 

Une expérience n’est pas l’autre, nous sommes bien d’accord sur ce point. Je me souviens par exemple de ce quinquagénaire fransquillonnant venu me confier à l’oreille : "Que les gens sont peu souriants dans ce pays !" Je n’ai pas osé lui avouer que, moi non plus, à leur place, je n’aurais pas très envie de lui sourire !

 

Personnellement, j’ai trouvé les Maliens non seulement souriants mais également drôles, malicieux et rieurs. Ca va des enfants [hilares lorsque vous entonnez – à l’abri des regards indiscrets – "un petit poisson, un petit oiseau, s’aimaient d’amour teeeeeeendre"] ; aux vendeurs [qui perdent tout sérieux une fois que vous vous approchez à moins de 3 centimètres et leur lancez allègrement, nez contre nez : "NON MERCI"].

 

Pour la petite histoire, je revois encore ce Malien d’une cinquantaine d’années se précipiter joyeusement sur moi : "Oh ça fait longtemps… comment ça va ?". Vraisemblablement, l’homme en question semblait très ému de me "revoir" et communiquait son enthousiasme à grand renfort d’accolades et de franches poignées de main. Ne sachant pas s’il s’agissait d’une plaisanterie ou d’une méprise, je décidai – compte tenu de l’exaltation de ce sympathique monsieur – de jouer le jeu. A mon grand bonheur !

 

Avec les femmes maliennes, c’est plus complexe [du moins ça l’a été en ce qui me concerne]. Elles feignent l’indifférence, se montrent distantes, méfiantes … parfois même dédaigneuses, voire agressives. Mais souriez-leur avec sincérité et elles vous souriront en retour, assurément. Et pas un sourire de convenance, mécanique et terne, comme on peut en voir chez nous. Non… un sourire vrai, spontané et rayonnant.

 

Ce n’est toutefois pas une raison pour tout se permettre ! Je l’ai expérimenté à mes dépens lorsque, pour me débarrasser d’un groupe de marchands ambulants, j’ai déclaré à la cantonade "ne rien pouvoir leur acheter car j’étais pauvre" [phrasé maladroit pour dire "je n’ai quasi plus de cash et il ne me sera pas possible de retirer de l’argent avant notre arrivée à Bamako", ce qui était vrai]. Quelle idiote ! A cet instant précis, j’ai compris que la jovialité malienne se méritait… qu’elle avait « un prix »… le respect !









12:12 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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