27/02/2006

S comme... Ségou

Ségou, c’est la deuxième ville du pays après Bamako.

Ségou, c’est également la capitale de l’ancien empire Bambara.

Ségou, c’est enfin la ville du beurre de karité, bâtie le long du fleuve Niger.

"On pourrait presque passer Ségou sans la remarquer, rester sur le goudron et filer vers Mopti, depuis Bamako."

De Ségou, je n’ai pas de souvenirs précis. Ca doit faire trop longtemps que je suis rentrée du Mali… deux mois exactement… une éternité !

Et pourtant, Ségou n’est pas pour moi un endroit comme les autres. Il y vécut quelque temps, logé à la Mission catholique, avant de rejoindre Sangha et le Pays Dogon […] 

09:34 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

14/02/2006

R comme… Rokia Traoré

R comme Rokia Traoré. Une fabuleuse chanteuse malienne reconnue pour mêler tradition et modernisme.

 

En réalité, ce n’est pas d’elle dont j’aimerais parler, mais d’un autre artiste malien, chanteur et compositeur. Un "Traoré" également… "Boubacar" de son prénom. Le père du blues bambara. Kar Kar comme le surnomment les Maliens, en souvenir de ses talents de footballeur ["kari kari" en bambara signifiant "dribbler"].

 

Début des années 60, juste après l’indépendance : Boubacar Traoré, star de la radio malienne, enregistre "Mali Twist". Chaque matin, les Maliens se réveillent au rythme de cette chanson, devenu symbole d’espoir et de renouveau : Enfants du Mali indépendant, prenons-nous en charge ! Que tous les jeunes Maliens partis à l’étranger reviennent au pays. Enfants du Mali, ensemble, édifions la Patrie. Kar Kar devient célèbre par-delà les frontières du pays.

 

"L’économie dans laquelle il vit est totalement différente de la mienne", écrit Lieve Joris dans son livre dédié à Boubacar Traoré. "Les CD et les cassettes qu’il a enregistrés à l’époque n’ont guère changé son mode de vie. Chez nous, en Europe, il aurait probablement fait carrière : il aurait un imprésario, une villa, une voiture, une vie mouvementée. Mais le monde du showbiz lui est étranger."

 

C’est ce qui plut, entre autres, à l’auteur de Mali Blues, paru en 1996 à l’occasion de la sortie du film de Jacques Sarasin Je chanterai pour toi. Deux documents remarquables que je conseille vivement, tout comme le cd The Best Of Boubacar Traoré, The Bluesman From Mali.

 

"Pas de Mercedes ni de villa aux lustres dorés pour ce bluesman malien, mais une mobylette et une concession dans les collines de Bamako où il vit avec les enfants de Pierrette et où, le soir, il prend sa guitare et chante sur le monde qui l'entoure." Lieve Joris

 

14:07 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

13/02/2006

Q comme... Qualité de vie

Par où commencer ? Soyons concrets, tiens, pour une fois ! Prenons les chiffres officiels de l’Organisation mondiale de la Santé. Je savais que le Mali était l’un des pays les plus pauvres au monde… j’en ai eu la triste confirmation. PIB par habitant ? Ridiculement bas ! Espérance de vie ? Quarante quatre ans pour les hommes, quarante six pour les femmes ! Espérance de vie en bonne santé à la naissance ? Trente sept ans et demi pour les hommes, trente huit ans et demi pour les femmes ! Mortalité infantile ? Comprenez "la probabilité de mourir avant l’âge de 5 ans". 216 pourcents pour les filles, 246 pourcents pour les garçons ! Le pourcentage le plus haut, après Le Sierra Leone, l’Angola, le Niger et le Libéria. Je vous épargne la suite. Vous l’aurez compris, ces indicateurs de santé restent parmi les plus bas au monde. Sans parler du reste : le seuil de pauvreté, le système éducatif, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, la malnutrition, le paludisme, les maladies sexuellement transmissibles, … Le tout aggravé par un taux de natalité extrêmement élevé. En 2022, à cette cadence, il y aura au Mali plus de 20 millions d’habitants […]

 

-         Le Mali est au plus mal…

-         Il faudrait qu’on y trouve de l’or ou du pétrole, ça arrangerait beaucoup de choses

-         Du pétrole ? Jamais, nous n’en voulons pas !

-         Pourquoi, ça vous sortirait de la misère. On s’intéresserait enfin à ton pays

-         Le pétrole, ça rend fou ! Ca ne causerait que des problèmes. Notre plus grande richesse, à nous les Maliens, c’est d’avoir la paix […]

15:50 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

06/02/2006

P [bis] comme... Protections

Comme précisé dans mon billet consacré à l’Islam, les cultes animistes sont toujours très actifs au Mali. Pour preuve, les masques, les statuettes, les fétiches, les gris-gris encore bien présents dans le pays tout entier.

 

A propos de fétiches et de gris-gris justement…

 

Bamako, 5 décembre 2005

Dolo et moi-même prenons un taxi depuis les bureaux de Point Afrique pour rejoindre le reste du groupe, déjà attablé au San Toro.

Au bout de trois kilomètres, notre taxi tombe en panne. "Comme toujours…", peste Dolo, "le réservoir était vide !"

Nous restons sur le bord de la route, à attendre que notre chauffeur revienne avec de l’essence.

Je pense alors à ce que le féticheur de Sangha avait prédit à Dolo, l’avant-veille : dans son entourage professionnel, une personne va mourir.

En bonne Occidentale que je suis, je m’inquiète naïvement de savoir s’il y a une personne âgée ou malade dans son équipe. Il sourit. "En Afrique", me répondit-il gentiment, il ne faut pas être vieux ou malade pour mourir… il suffit que quelqu’un te jette un mauvais sort, par l’intermédiaire d’un sorcier. Tout va bien et puis, un jour, tu te réveilles, tu as une douleur soudaine, et tu meurs." Je ris intérieurement mais tente de ne rien laisser paraître de mon scepticisme.

Il continue d’une voix grave : "Les gens sont jaloux ici. Si tu réussis trop bien, si tu es trop chanceux, ils feront tout pour que le malheur s’abatte sur toi et ta famille […] Pour nous protéger du mauvais sort, nous allons régulièrement consulter les féticheurs pour qu’ils nous confectionnent des fétiches […] Personnellement, j’en porte plusieurs autour de la taille, reliés entre eux par un cordon de cuir. Ils ne me quittent jamais […]"

Le retour du chauffeur, un "bidon" d’essence à la main, met brutalement un terme à notre discussion.

 

Retour à Bruxelles

Ce dont m’a parlé Dolo [et que j’ai pris alors pour de simples divagations paranoïaques]… cette jalousie latente… ces mauvais sorts… ces fétiches protecteurs… je le retrouve dans de nombreux ouvrages.

 

"Les Africains sont mauvais, ils se rendent la vie impossible. Quand un Blanc fait une découverte, ses collègues disent : montre un peu, comme c’est intéressant. Lorsqu’il meurt, d’autres essaient de poursuivre son travail. Mais tu sais ce qu’ils font ici ? Ils vont tout de suite chercher un sorcier pour saboter son travail !" [Boubacar Traoré à Lieve Joris dans "Mali Blues"]

 

"Les superstitions animistes coûtent très cher aux africains. Ils perdent beaucoup de temps et de moyens à lutter contre les mauvais sorciers. Ils sacrifient des animaux et se méfient les uns des autres inutilement. Une personne élevée dans ces superstitions ne peut pas comprendre ce que sont les microbes. Elle ne peut donc pas comprendre les règles d’hygiène, qui dont pourtant le levier le plus important de la Santé Publique."

 

Y croire ou ne pas y croire

Personnellement, depuis mes lectures, je regarde le fétiche que m’a vendu un jeune Dogon d’un autre œil. Fétiche pour lequel nous nous sommes, à sa demande, mis à l’écart. "Je l’ai volé" m’a-t-il avoué tremblant, accroupi face à moi dans la poussière et l’obscurité. Les Maliens sont de grands comédiens. J’ai donc joué le jeu et acheté en secret ce "mystérieux gris-gris dérobé à quelque sorcier puissant".

Il repose aujourd’hui dans une boîte, avec les cauris offerts par Dolo, des bijoux, des cailloux et autres souvenirs du Mali.

Je reste toutefois très intriguée par la quasi rage avec laquelle Raoul, mon chartreux, se précipite sur cette boite dès que j’en soulève à peine le couvercle. L’objet en question semble subjuguer l’animal.

Il faudrait tout de même qu’un jour, je me renseigne sur la nature exacte de la masse sombre d’apparence terreuse qui constitue le cœur de ce gris-gris. Quoi que […]

 

 

12:24 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

02/02/2006

P comme... Photos

RECTO

Désolée pour le retard...
Voici quelques photos...
J'espère que le Renard te portera chance...
Amitiés, G.

VERSO

"Conjugons le verbe être
dans un monde qui ne
veut conjuguer que le verbe avoir"

Table de Divination - Féticheur animiste - Sangha - Décembre 2005

14:10 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |