13/03/2006

Mot de la fin

12 décembre 2005 - Ségou - Veille du départ

 

- Je suis triste que vous partiez déjà demain. Enfin, c’est comme ça, on ne peut rien y faire. Toutes les bonnes choses ont une fin.

 

- Ne dis pas ça Dolo ! Toutes les bonnes choses n’ont pas OBLIGATOIREMENT une fin… Ce serait terrible. Et puis d’abord, j’ai horreur de cette expression !

 

- Réfléchis, c’est pourtant le cas. Donne-moi un contre exemple, vas-y.

 

- Ben, euh, l’amour par exemple. Celui qu’une mère porte à son enfant. Ca, ça ne se termine jamais.

 

- Même l’amour maternel a une fin, Julie. La mère viendra à disparaître et son amour s’éteindra avec elle.

 

- [Soupir] Elle me déprime ta théorie Dolo.

 

- Pas du tout. Au contraire… Accepte que toutes les bonnes choses aient une fin et tu verras, tu les apprécieras encore plus, encore mieux […]

------- FIN -------

08:40 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

12/03/2006

Z comme… PoéZie

Muse en rose

 

Emballée de rose comme un bonbon

Elle déambule silencieuse et féline

Comme une ombre, presque une illusion

 

Je croise son regard qui s’assombrit

Comme le petit soir

Hasard d’une rencontre

 

Solitude non partagée par

Les deux mètres d’inconnu

Qui nous séparent

 

Elle est là

Immobile

 

Perchée sur son tabouret

Faisant tinter ses glaçons

Dans son verre au rythme lointain

Du balafon

 

Je pars dans mes rêves insensés

Quand soudain elle se lève

Et disparaît en me laissant en souvenir

Son parfum

Qui comme elle

S’évanouit dans la

Nuit

 

Amadou KONE, Poète

Muse en rose

Tiré du recueil "Epanchements"

 

Amadou KONE est né le 16 avril 1979 à Ségou dans le quartier de Sokalakono ou il réside toujours aujourd’hui [BP 2, Ségou, Mali - Tél. 223 639 69 67]. Atteint de la polio à l’âge de deux ans, il poursuivit cependant une scolarité normale. Il écrivit ses premiers poèmes en 2001.

 

Vif comme l’éclair, il s’approcha de moi dans l’obscurité
et me prit la main, doucement. Ce poème, il me le déclama
depuis son fauteuil roulant. Il me le récita d’une voix chaude,
sans ôter une seule seconde son regard du mien.

09:33 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Y comme… Y aller

- Donne-moi une seule et bonne raison d’y aller, au Mali !
- Pour te souvenir de l’essentiel [...]

09:30 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10/03/2006

X comme... XX

La femme africaine porte l’Afrique sur ses épaules.

 

C’est elle qui éduque les enfants, travaille dans les champs, va chercher le bois et l’eau [qu’elle transporte ensuite sur sa tête, un bébé dans le dos], prépare les repas, fait la lessive, … Les hommes, eux, ils palabrent !

 

Une discussion dans VoyageForum.com m’a semblé particulièrement révélatrice. Une jeune Française de 27 ans confie être "tombée sous le charme du Mali et vouloir s’y installer définitivement". Elle se décrit comme "travailleuse, dynamique et toujours souriante". Chacun y va alors de son petit conseil et encouragement. Jusqu’à ce que un dénommé franck13 [Sévaré, Mali] intervienne : "Une seule solution, marie toi avec un Dogon. Mais sache qu’il faut aimer piler le mil et toutes les tâches qui les occupent (les femmes) de 6 heures à 22 heures. Si je trouve autre chose, je t’écris." Fin de la discussion !

 

A 32 ans, Dolo est toujours célibataire, fait exceptionnel chez les Dogon. Il nous parle de la femme qu’il aimerait rencontrer et épouser. Elle devra être "jeune, belle, fraîche et respectueuse". "Et intelligente ?". "Oui, et intelligente" me rétorque-t-il sans grande conviction, juste histoire de ne pas me contredire [je ne savais pas encore que seul 39,6% des femmes maliennes savent lire et écrire].

 

Sa femme ou plutôt... sa première femme. Car la polygamie est d’application au Mali. Nombre maximum d’épouses ? Non pas deux… Non pas trois non plus… Quatre ! Quatre femmes, toutes plus jeunes, belles, fraîches et respectueuses les unes que les autres.

 

Et je vous épargne les problèmes liés à l’excision. L’excision féminine, on n’en parle pas au Mali. On fait comme si on n’avait pas entendu la question, les yeux rivés aux parois peinturlurées de la caverne des circoncis de Songo.

 

Le pompon, ce fut tout de même pour moi de découvrir l’existence de cases pour femmes réglées. A la période des règles, les femmes Dogon sont déclarées impures et enfermées à l’écart du village. Attention, je ne parle pas ici d’une tradition séculaire, vieille de plusieurs siècles et abandonnée aujourd’hui. Non, je parle d’une pratique actuelle, que j’ai pu observer sur place.

 

Je sais, il ne faut pas juger la différence. Il ne faut pas juger sans savoir, sans comprendre. Mais là, j’ai franchement du mal. Solidarité féminine sans doute […]

 

A conseiller :
COURANTS DE FEMMES Femmes et initiatives locales de développement
en Afrique de l'Ouest
MUSOW Le magazine des Femmes africianes

10:58 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

09/03/2006

W comme... Web

Les sites web consacrés au Mali sont plutôt rares.
Vous en trouverez quelques-uns dans la colonne de droite, sous l'intitulé "Web".

 

Ma préférence ? Le site officiel du groupe Amadou & Mariam, "le couple aveugle du Mali". Un duo à la ville comme à la scène.

 

Pour vous faire une idée de l'ambiance de Bamako, je vous conseille les clips vidéos de "La réalité", "Senegal fast food", "Beau dimanche" ou "Je pense à toi". Du pur bonheur [...]

 

08:42 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04/03/2006

V comme… Véracité, authenticité

J’ai une affection toute particulière pour le peuple malien. Ce qui m’a séduit ? L’authenticité de ces gens ! Leur spontanéité. Leur impulsivité.

 

Le plus frappant, c’est leur regard. Franc, direct, pétillant, curieux, jovial, amusé.

 

J’aime aussi leur côté affable et débonnaire. "Y a pas de problème" lançait Dolo à longueur de journée, quelle que soit la situation [même des plus problématiques].

 

Les Maliens, ils touchent ; ils bousculent ; ils [re]demandent ; ils flattent ; ils sourient à pleines dents ; ils offrent ; ils osent ; ils prennent ; ils rient fort et souvent ; ils chantent ; ils dansent ; ils caressent ; ils charment ; ils partagent ; …

 

Sur place, je me suis souvent posé la question de savoir si finalement ils n’étaient pas "dans le bon", eux ! Si, contrairement à nous, ils n’avaient pas su préserver l’essentiel : la collectivité et le bonheur de l’instant. Pendant que notre société occidentale invente le "Cuddle Party" [séances de câlinage permettant de réapprendre le toucher naturel et de renouer avec son propre corps], eux survivent de rien ou presque. Sans psy, sans fengshui, sans Prozac, sans foyer d’accueil. Grâce au groupe.

 

A la question "Crois-tu qu’ils soient plus heureux que nous, riches européens ?", Oras [gentiment moqueur] me répondit : "Le bonheur est une valeur abstraite inventée par les gens malheureux, ils n’en ont que faire du bonheur !" Il avait raison.

 

A Sangha, un artisan Dogon fort sympathique m’a vendu une statuette en bois tendre, d’influence Tellem : "Regarde, il a les bras levés vers le ciel, il demande à être heureux…" Je savais pertinemment qu’il s’agissait d’une statuette Nommo dont la posture symbolise l’imploration de la pluie [et non du bonheur !]. La clairvoyance de cet homme m’amuse encore aujourd’hui, de retour au "pays des merveilles, du froid, de l’argent, de la solitude et du confort" […]

16:40 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

02/03/2006

U comme… Utopique (?)

Utopique : Qui détient de l’utopie, qui est illusoire, chimérique.

 

« Ils examinent avec curiosité l’émotion que certains manifestent parfois devant les maladies, les douleurs, la misère ; et leur horreur à tous face à la cruauté et aux rites sanglants qui font partie de leur culture et de leur histoire. Ils critiquent la faiblesse, l’avidité, la balourdise, le manque de tact et de respect de ses voyageurs venus de loin. Quand ils en ont fini, il leur arrive entre eux d’imiter pour rire leurs gestes, leurs paroles, leur allure. A leurs yeux les Blancs, inventeurs de l’écriture, de la radio, des fusils, des automobiles, des télévisions, des avions, sont des gens riches et puissants. Peut-être pas précisément ceux avec qui ils traitent, en tous cas des membres de leur famille. Il y a par conséquent des choses à en apprendre. Avec un peu de chance, un Blanc qui t’a à la bonne va te raconter ou t’expliquer ceci ou cela. Te laisser ou t’envoyer des photos, des objets ; ou même, tôt ou tard, carrément un billet d’avion et une invitation à passer quelques jours chez lui, au pays des merveilles, du froid, de l’argent, de la solitude et du confort. »

 

Les guérisseurs de la folie, histoires du plateau dogon, Piero Coppo, Collection Les empêcheurs de tourner en rond, page 126.

13:19 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

01/03/2006

T comme... Touaregs

Si il y a bien une chose qui me fascine, ce sont les Touaregs et la société targuia. J’en ai croisé quelques-uns sur place, enrubannés dans leur tiguilmoust. A Mopti principalement où ils viennent vendre leurs plaques de sel. J’ai même acheté à l’un d’eux un passeport Touareg, très beau bijou en argent, ainsi qu’un coffret en cuir.

J’aurais aimé les suivre, ces hommes bleus, jusqu’aux portes du désert, jusqu’à Tombouctou "La mythique"… Tombouctou "La mystérieuse". Pour les regarder s’éloigner puis disparaître par delà les dunes de sable […]

Photo : Globe Transcription - Oras & Sator

09:35 Écrit par Julie O | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |